mardi 29 octobre 2019

Fuck off October

Techniquement, nous ne sommes que le 29. Il reste 3 jours et demie à ce mois qui remporte la palme du mois le plus pourri de 2019. Mais je suis déjà prête à accueillir novembre. Voire hâte d'accueillir novembre ! 

Quelles nouvelles depuis le 18 ?
On attendait samedi 14h. Ca a été long et pénible. Mais à la fin, j'avais envie de serrer la véto et le monsieur de l'écho dans mes bras.

Nous avons commencé par une radio des poumons. Notre boule de poils d'amour n'avait pas franchement envie de monter sur la table. Lorsque la véto m'a dit "tout est nickel", je lui ai fait répété 3 fois, en changeant la formulation. J'ai senti 5 tonnes de stress partir de mon corps. 

Après, nous avons retiré pansement et fils. Ce salopard cicatrise merveilleusement bien. Il veut vraiment nous faire croire qu'il est malade, on commence à en rire.

Puis, le monsieur de l'écho était en retard. Attente horrible. Car ce n'est pas parce que la radio est bonne que l'écho l'est aussi. Le monsieur est arrivé, boule de poils ne voulait vraiment pas remonter sur la table, la véto a dit "la grosse tondeuse est là". Depuis ce jour là, notre Plu est un punk. Flanc droit qui commence à repousser, avant de la fesse gauche aussi, bidou rasé. 
Nous l'avons mis sur le dos, il a stressé un peu, il s'est détendu et s'est presque mis à ronfler. Lorsque le monsieur a dit "tout est normal pour la rate", je lui ai fait répété, confirmé, expliqué 5 fois. Pour ceux qui ne savent pas, l'hémangiosarcome est un cancer des tissus mous et donc des vaisseaux sanguins. La rate draine énormément de sang. Si elle est touchée par les métastases, c'est plus ou moins foutu, parce que le temps de dire ouf, elle en a déjà répandu 50 000 dans le reste du corps. 
Il est passé à d'autres organes, et là ce n'était pas cool. Je le voyais noter plein de choses, faire des zooms, et il ne disait plus rien. Presque 30 minutes plus tard, il a dit "Pour moi, tout est bon". Je lui ai dit "Tout est bon, genre tout est bon vous êtes venu pour rien". Ce a quoi il a répondu "je préfère vraiment venir pour ce genre de diagnostic que le contraire". Mes jambes sont devenues un peu faibles, et j'ai senti 10 000 tonnes de stress s'en aller. 
Bilan : cancer non déployé, pas de trace de métastase. La meilleure nouvelle depuis le 7 octobre.

Je me suis délestée de quelques centaines d'euros qui ne me servaient plus, et nous sommes passés à la suite. Le cancer n'est pas déployé, c'est bien, mais il est là, puisqu'une partie de la masse est toujours sur place. Il fallait donc passer au rendez-vous d'après, l'oncologue.
Avant l'examen, chéri m'avait dit "ce soir, c'est champagne ou whisky." Nous sommes sortis du cabinet petit Plu et moi, et j'ai appelé chéri. L'émotion m'a fait pleurée quand je lui ai dit "il n'y a rien". Et alors que pensais ne plus avoir de stress, j'ai senti encore un autre poids s'en aller.

Nous avons appelé pour prendre rendez-vous avec l'oncologue. On a bu du champagne, on s'est endormi apaisés à 22h30 alors que le film avait commencé depuis 30 minutes.

Mercredi, nos avons rencontré l'oncologue. Pour lui, le cancer est de stade 0. On prend Plu encore moins au sérieux, et on a encore plus rigolé lorsqu'il nous a dit, après la prise de sang "son bilan sanguin est similaire à celui d'un jeune chien en pleine santé". 
Le rendez-vous a duré une heure, et il s'est très bien passé. Nous avions au choix plusieurs traitement : radio en 15 séances à raison de 3 fois par semaine à l'autre bout de Paris, en 5 séances avec cancer bonus, chimio en je ne sais plus combien de séances en clinique, chimio à la maison en cachet, ou rien. Nous avons choisi chimio à la maison, 9 cachets par jour, bilan dans un mois.

 Nous avons commencé le traitement vendredi soir, et pour le moment, rien à signaler. Je me suis fixée deux dates : le 25 novembre, date du premier bilan, et le 25 dans 6 mois, donc vers le mois d'avril. Selon l'oncologue, si la masse ne revient pas ou ne regrossit pas dans les un an suivant l'opération, c'est que le cancer aura été flingué comme il faut. Bien sûr, nous ne pouvons pas écarter le risque d'un cancer surprise ailleurs. Je me dis que dans 6 mois, nous aurons déjà fait une belle partie du chemin, et nous pourrons certainement avoir de bons résultats. On croise les doigts.




 

vendredi 18 octobre 2019

C-word

En théorie, Octobre est le mois de sensibilisation au cancer du sein. 
En théorie.
Car ici, octobre est en lice pour être élu le mois le plus merdique de cette année 2019. Et je vous dis ça, je ne sais même pas par où commencer.

On va peut-être commencer avec mes Grands-Parents. Mon grand-père a subit déjà plusieurs opérations pour ses multiples cancers de la peau. Certains jours, tout va bien, d'autres, il a les contre-coup du traitement.
Ma grand-mère, elle, se bat contre un cancer du sein. Pléiade de médocs, le médecin a parlé de cancer généralisé. Je ne sais pas si cela est confirmé ou pas. Est-ce que j'ai vraiment envie de savoir ? Je ne sais pas. Lorsque je la vois, un coup ça va, un coup ça ne va pas. Je me dis qu'elle à 96 ans, et que comparé à d'autres personnes du même âge (voire plus jeunes), elle a encore toute sa tête et tous ses souvenirs. Elle sort d'une hospitalisation de quelques jours. Ses globules, je ne sais plus lesquels, s'étaient presque tous faits la malle. Alors forcément, elle n'avait plus aucune forme. Comme un bon petit vampire, elle s'est enfilée deux poches de transfusion sanguine et tout semble être revenu normal. 
Malheureusement, depuis cet été, on en est au point de croiser les doigts lorsque l'on part en vacances, en week-end, de peur qu'il arrive quelque chose à ce moment-là. Fin novembre, mes parents s'absentent une semaine. Ils vont voir mon frère pour cause de naissance prévue à la fin du mois. Je sais qu'ils ne vont pas partir l'esprit tranquille. 

Hors cancer, on peut parler du grand père de chéri. A ce jour, pas de problème de santé connu, juste une tendance à perdre l'équilibre quand il est dans les escaliers. Résultat, une vilaine chute il y a une dizaine de jours. Après un séjour à l'hôpital (quoi que, je ne suis pas sûre qu'il soit sorti), le voilà avec un clou pour réaccrocher la hanche et une écharpe pour l'épaule. Tout du même côté, c'est plus pratique. 

Et pour finir, notre amour de Plu. Je suis tentée de dire le pire, mais je préfère attendre demain. 
Vers la fin septembre, on a remarqué une grosseur sur son flanc droit. Comme on est complètement (ou trop) gaga de ce chien, on est allé voir le véto. Pour elle, ce n'était rien, juste un lipome à retirer. La première douche froide est arrivée une semaine après, le 07 octobre, après son opération. Lipome que dalle. Masse pleine de sang à tendance cancéreuse. Impossible de donner un diagnostic sans les résultats. Une chose est sûre, la véto se sentait mal de nous avoir annoncé un simple lipome. Il est resté presque toute la journée sous morphine et n'est rentré à la maison que vers 17h, incapable de tenir sur ses pattes. Même un chiot se levant pour la première fois se débrouillait mieux.
Il a souffert le martyr jusque dans l'après-midi de mardi. A chaque mouvement, on avait l'impression qu'il recevait des décharges électriques dans le corps, il hurlait à la mort. Je ne sais pas combien de litres de larmes ont pu couler, mais ça faisait beaucoup. 
Le jeudi, je me suis dit qu'il était prêt à être tout seul. Il a arraché les fils de sa suture sur une verrue que l'on a fait retiré en même temps. Depuis le 07 octobre, j'ai été un jour et demi à mon bureau. Le reste du temps, je suis en télétravail. 

Pendant ce temps, il nous fallait attendre les résultats de la biopsie demandée en urgence. Les résultats sont arrivés le lundi suivant l'opération. Donc lundi dernier. Verdict : hémangiosarcome. 
Google a dit : cancer très agressif et très rare. Guérison : aussi proche que zéro. Bref, notre gentil toutou a choisi de se développer le pire des cancers. Sympa. Le véto nous a donc donné rendez-vous demain pour échographie, radio, IRM. Il faut maintenant faire le bilan d'extension et savoir. Parce que bien sûr, pour le moment, nous ne savons pas si on peut le sauver ou non. 
Ce bilan va nous permettre de savoir s'il y a métastase ou pas. (devinez ce qu'on attend ???) Et surtout, est-ce que pour le moment, la saloperie est uniquement sur son flanc, auquel cas c'est "qu'un" hémangiosarcome cutané, ou est-ce qu'il s'est déjà déployé ailleurs (coucou la rate, ça va ? coucou le foie, ça va ? coucou le coeur, on se fait une bouffe ?), auquel cas, c'est la merde.
S'il n'est pas déployé, on a nos chances. Trois aspirines, et hop le truc est flingué. S'il est déployé, ben on demandera à passer à 2020 directement. Je dis qu'on a nos chances car le cutané se soigne mieux. Et surtout, c'est comme pour nous. Un cancer, opérable (la véto a réussi à retiré déjà la moitié de la masse), et non déployé se soignera toujours mieux qu'un non opérable. 

Il faut juste qu'on sache. 


C'est maintenant samedi 14h ?



 

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