lundi 10 mai 2010

I talked about it few days ago.

The instruction was :

In "O Brother", the black guitarist is a hitchhiking man. That's how he met the three escaped men. He tells them how he sold his soul to the devil, a white devil, in exchange for a virtuosity gift for the guitar.
What do you think about this tale. How can we apply it to the afro-american music between 1960-1978 ?

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Dans le film O'Brother des frères Coen, le guitariste noir est pris au coin du cross-roads en auto-stop par trois évadés d'un pénitencier. Il raconte comment il a vendu son âme au diable ... blanc, en échange du don de virtuosité à la guitare.
Faut-il croire à cette fable et l'étendre symboliquement à la musique afro-américaine des années 1960-1978 ?
Vous vous appuierez notamment sur des exemples du cours. Toutefois, d'autres exemples seront les bienvenus.


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Une journée d'été pendant la Grande Dépression, Mississippi. Un homme noir est seul au croisement d'un carrefour. Une voiture s'arrête et lui propose de l'emmener à destination : Tishamingo. Petit village de campagne où un homme vous paye pour chanter dans une boîte. "Il paye encore plus si tu joues vraiment bien."

C’est ainsi que Tommy Jonhson rencontre les trois héros du film O’Brother
. Tommy Johnson n’est pas un nom donné au hasard, on s’en rend compte lorsque le personnage raconte son histoire. Tommy est guitariste et il explique comment il a vendu son âme au Diable contre un don de virtuosité. En effet, le bluesman Tommy Johnson (1896-1956) est à l’origine de cette légende qui va toucher la musique du XXème siècle.

Cependant, faut-il croire, ou non à cette légende , peut-on l’étendre symboliquement aux musiques afro-américaines des années 1960-1978 ? Dans un premier temps, nous verrons les relations entre la musique et la religion, et plus particulièrement le rôle que le Diable peut avoir. Dans un second temps, nous reviendrons sur cette légende de Tommy Johnson et en étudierons deux interprétations contraires. Nous tenterons ainsi de savoir comment interpréter cette légende aux vues des musiques qui lui ont succédées.


L’Homme a toujours cru en une puissance supérieure, qui serait là pour le guider, lui accorder son pardon et le salut de son âme. Cependant, et ce, quelque soit la religion, le Dieu du Bien n’est pas seul. En effet, la plupart du temps, il est accompagné d’un être représentant le Mal, la Bêtise et le Mensonge. Au départ, dans la religion catholique, Satan n’est pas l’être du Mal, il est présent aux côtés de Dieu lors du Jugement des âmes. En effet, il est l’accusateur, et selon ses paroles, l’âme ira au Paradis ou en Enfer. Ce n’est qu’après sa chute qu’il devient le Prince des Démons, amoureux de sa personne, représentant de l’orgueil et de la rébellion.


La divinité du Bien ne peut aller qu’avec une divinité du Mal, afin d’avoir un équilibre entre les deux puissances.


Dès le début, l’Homme fait de la musique pour accompagner son culte et ses prières. Il chante la Gloire de son Dieu, d’où un large répertoire de musiques religieuses, écrites ou orales. Encore aujourd’hui, nombreuses sont les références à Dieu, ou au Mal, dans les textes de chansons, aussi bien aux États-Unis qu’en France. D’ailleurs, la création des États-Unis d’Amérique est dû à quelques catholiques et protestants, partis d’Europe, pour de meilleures conditions de vie. Lorsqu’ils s’enfoncent vers l’Ouest, ils reprennent les chants qu’ils entendaient à l’église, et c’est d’ailleurs comme ça que naîtra le mouvement Country
.

Mais ces États-Unis naissant ne sont pas uniquement peuplés de ces catholiques et protestants blancs. En effet, ils ont amené des familles entières d’escales noirs, aux croyances différentes. Les américains blancs doivent alors « éduquer » ce peuple noir, pour qu’il oublie ses croyances polythéistes, voire animistes et chamanistes pour certaines régions d’Afrique. Sans le savoir, ces deux populations opposées vont donner naissance à un nouveau style musical, le Blues
, musique chantée par les esclaves dans les plantations, pendant leurs longues journées de travail. Des chants qui reprennent des thèmes simples : le travail, les modes de vie, des espérances nouvelles. Que faire pour être libre ?

ÂME & GUITARE, ILLUSTRATIONS

Le Blues est à l'origine du rock, et est, bizarrement, rattaché à la religion. Le Blues est, comme on l'a dit plus haut, la musique des plantations du Sud des États-Unis, une musique afro-américaine profane. Les Maîtres blancs la voient comme une musique diabolique si bien que la danser représente un péché. Une légende comme celle de Tommy Johnson vendant son âme au Diable contre le don de virtuosité à la guitare n'est donc pas surprenante.

La légende veut que ce bluesman du Mississippi ait rencontré le Diable alors qu'il était perdu à un carrefour. C'est lui qui lui aurait appris à chanter et à jouer de la guitare. Cette légende est vite reprise par Robert Johnson dans les années 1930. Son histoire veut qu'il quitte Robinsonville (Mississippi) pour rentrer dans sa ville natale après avoir été ridiculisé à cause de son mauvais jeu de guitare. Lorsqu'il revient deux ans plus tard, son mentor, Son House, est abasourdi et pense à un pacte avec le Diable. C'est pour lui la seule explication. C'est surtout cette version de la légende qui marquera la musique du XXème siècle, Robert Johnson devient un modèle pour de nombreux guitaristes comme Jimi Hendrix, Eric Clapton ou Bob Dylan. Mais il est surtout le premier d'une grande lignée de musiciens "maudits" morts à 27 ans: Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, Brian Jones, Kurt Cobain, tous guitaristes de génie, morts prématurément.

La légende de Tommy Johnson et Robert Johnson a ensuite été reprise et illustrée de différentes manières. En effet, lorsque le guitariste n'a pas vendu son âme pour être un virtuose, il représente lui-même l'âme de la musique. Exemples avec deux films.

L'illustration de la légende de Tommy Johnson par Joel et Ethan Coen dans leur film O'Brother Where Art Thou ? (2000) est sans doute la meilleure. En effet, tous les éléments ont été repris avec soin : un carrefour désert et terreux dans le Mississippi, un jeune noir portant une guitare, et le nom de celui-ci, Tommy Johnson[1].

Le jeune homme explique alors son histoire et ajoute que grâce à ce nouveau don, il pourra se rendre à Tishamingo pour y gagner de l'argent, puisqu'un "homme [vous] paye pour chanter dans une boîte" [2]. Les trois héros ne veulent pas le croire, d'autant plus que deux d'entre eux viennent de se faire baptiser afin de laver leur âme de tous leurs péchés. Les trois évadés finiront par admettre que l'échange valait le coup puisqu'ils ont gagné assez d'argent pour continuer leur voyage.

"Le Diable ne s'est pas foutu de toi" lui déclare Everett.

Cependant, la crainte d'être rattrapé par le démon guette Tommy. Tout d'abord, lorsqu'il raconte son histoire, Delmar s'inquiète de savoir pourquoi il a vendu son "âme éternelle", Tommy lui répond alors que c'est parce qu'il ne s'en servait pas. Lorsque Pete se fait attraper par la police, il demande à Dieu son Pardon, tandis que le Sheriff reprend le rôle du Diable accusateur, image renforcée par le feu qui se reflète dans ses lunettes de soleil : "Douce pluie d'été, comme la miséricorde de Dieu".

"Il n'y a plus que la musique qui ait un sens,

En la jouant assez fort, on tient les démons à distance" [3]

New York City, fin des années 1960. C'est avec cette phrase que Jo-Jo, guitariste noir de Detroit, décrit son talent et son amour à Jude, jeune britannique d'une vingtaine d'années, dans le film Across The Universe de Julie Taymor (2007). Jo-Jo a quitté Detroit où il a perdu un fils dans les émeutes dues aux mouvements anti-guerre du Vietnam et aux révolutions culturelles. Il vient à New York, où, par hasard, il passera une audition pour accompagner la chanteuse blanche Sadie à la guitare.

Cependant, si l'histoire d'amour principale du film tourne autour de Jude et Lucy, la relation entre Jo-Jo et Sadie est plus forte, musicalement parlant. Jo-Jo est un guitariste de talent mais n'a pas le droit de briller autant que Sadie, la star du moment. Dans ce film, il n'est pas question de vendre son âme au Diable contre un don de virtuosité. Le talent va plus loin. Dès le début, Sadie lui dit que c'est son groupe à elle, et qu'il doit suivre ses directives. Lorsque Jo-Jo veut être plus que le simple guitariste additionnel du groupe, c'est la rupture entre les deux amants. Ils s'affrontent tous deux sur scènes avec une reprise du Oh ! Darling des Beatles, plus actuel que jamais : elle pousse sa voix jusqu'à la saturation, nous rappelant la voix de Janis Joplin, lui, pousse sa Flying Gibson V au même niveau de saturation, jouant sur les sons, à la manière de Jimi Hendrix. Et si, à ce moment-là du film, l'histoire ne tournait plus autour des Beatles, maîtres de la pop britannique, mais autour de Jimi Hendrix et Janis Joplin, maître et maîtresse du rock des années hippies ?

C'est à partir de cette rupture que l'on peut voir un contre exemple de la légende de Tommy Johnson. Une fois le couple séparé, Sadie continue sa tournée, mais la guitare n'est plus, le son ne lui convient pas. Elle dit avoir besoin de "quelqu'un qui sait jouer de la guitare" parce que son guitariste "n'a ni âme, ni tempo".

FAUT IL VENDRE SON ÂME AU DIABLE ?

Selon moi, la musique n'a pas besoin de "légende" pour perdurer. La légende rattachée à Tommy Johnson date du début du XXème siècle. Il faut savoir la remettre dans son contexte.

Tommy Johnson (1896-1956), tout comme Robert Johnson (1911-1938), est un américain noir issus de l’état du Mississippi. Or, il ne faut pas oublier que l’esclavage ne fut abolit, aux États-Unis, qu’en 1865. Passée cette date, les noirs d’Amérique se sont longuement battus afin d’avoir le statut de citoyen américain. On s’est longtemps imaginé de nombreux mythes autour des Noirs, ces Hommes aux voix graves et chaleureuses. En revanche, l’Homme blanc le voit comme esclave pendant de très nombreuses années. L’Homme noir regarde l’Homme blanc avec une certaine peur, une certaine crainte, il est le Maître, celui qui donne ordres et punitions si le travail est mal fait.

L’Homme noir est celui qui vient du vieux continent, celui qui reste méconnu à cause de sa superficie et de ses déserts. Il vient d’Afrique, où les tribus croient en de nombreuses divinités magiques, voire diaboliques. Selon moi, la peur du Noir et de ses croyances ont fait qu’il était simple d’associer un Noir jouant de la guitare avec un certain talent à un acte maléfique comme vendre son âme au Diable.

Au début du siècle, il est encore impensable de voir un Noir réussir. La musique qu'il chante est une musique païenne associée à une musique diabolique. Tommy Johnson et Robert Johnson ont inspiré de nombreux musiciens tout au long du XXème siècle. Faut-il leur étendre cette légende de l'âme vendue au diable contre une virtuosité ? Non. Chacun connaît la source de son talent. Certains ont besoin de se prouver qu'ils ont du talent, d'autres se poussent à l'extrême et torturent leurs corps et voix pour le ressentir.

Il existe selon moi deux familles de guitaristes : ceux qui vendent leur âme pour obtenir le don de virtuosité, comme Tommy Johnson, et ceux qui la gardent sachant que c’est elle la source de leur talent, comme Jo-Jo, personnage imaginaire de Julie Taymor.



[1] Un peu plus tard dans le film, les frères Coen font une autre allusion au Blues du Delta lorsque Tommy Johnson joue de la guitare auprès du feu. Le morceau est Hard Time Killing Floor Blues de Skip James, autre figure emblématique du Blues des années 1920-30.

[2] In O’Brother Where Art Thou ? (22 minutes)

[3] In Across The Universe (39 minutes). Une histoire d’amour musicale entre Jude, britannique, et Lucy, américaine, sur un fond de Beatles, Guerre du Vietnam et révolutions culturelles aux États-Unis (années 1960-1970)

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two notes:
1. Promise, if I have five minutes, I translate my essay in English !! It was a hard essay to write, but I had a lot of idea and I loved to write it !
2. I loved it because our teacher was a wonderful man ! A strange man, but so interesting ! I love him ! I unite my voice to the others and scream "Gilbert, reviens !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

in fact three :
This essay was written for Uni, and ONLY Uni. You're not a student in Lyon 2 Uni (or if you are, I'm lucky) and so you have no rights to copy my words and use it without my approbation ! If you want to copy it, please ask !
I wrote this essay with old classes about religion (EAC - M. Michaud), and using some movies (O Brother, Where Art Thou ?, Coen Brothers & Across The Universe, J. Taymor)



Crossroads - covered by Gilbert Rapatel



Knocking On Heaven's Door - covered by Gilbert Rapatel



Don't Think Twice it's allright - covered by Gilbert Rapatel

YES ! This man was my teacher !!

xx

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