mardi 16 mars 2010

Rêves ...

This is the first page of a novel I began to write few years ago ... I wrote 58 pages. I lost everything with the death of my laptop, except a last draft ... I'm rewriting it and would like to share it with you. I'm sorry, but it's in French ...

Londres, 1821

Elle venait de quitter cette vie lorsque Dominic passa la porte de sa chambre, empli de bonheur, un journal à la main. En cette journée du 5 mai, rien ne pouvait faire plus plaisir à la population britannique, que d’apprendre que l’Empereur Napoléon Ier venait de mourir en exil à Sainte Hélène.

Le jeune homme s’approcha du lit sans quitter son sourire et sa joie. Doucement, il prit la main de Violet et comprit. Son aimée avait, elle aussi, disparu. Il l’avait aimée et chérie depuis toujours, l’avait suivie et soutenue dans chacune de ses actions, et pourtant, malgré tout son amour et son chagrin, les larmes ne venaient pas. Il ne pouvait pleurer cette disparition.

Dominic resta au chevet de Violet pendant un moment, silencieux. Il se souvenait. Il se souvenait de leur rencontre, de leurs jeux, de leur complicité, de ces idées qu’elle voulait lui faire partager. Il se souvenait d’elle, sa petite Napoléonne. C’est en repensant à ce surnom que les larmes lui vinrent. Il se remémorait ces instants si merveilleux qu’ils avaient passé ensemble, cherchant, pour elle, quelconques informations, renseignements sur l’Empereur qui faisait trembler toute l’Angleterre. Il se revoyait discuter. Il la revoyait lorsqu’elle essayait de trouver ce qui n’allait pas. Il voulait la reprendre dans ses bras, la faire danser, la faire rire et sourire.

- Violet, mon ange, dit-il, l’Empereur est mort cet après-midi à Longwood. L’Angleterre a remporté cette victoire qu’elle attendait tant.
- Violet aurait été terriblement triste si elle avait appris la nouvelle ! annonça William, en entrant dans la chambre de sa sœur.
- Je n’avais pas vu que tu étais là. Je voulais lui annoncer la nouvelle, mais… la voici partie, pour un voyage sans retour.
- Dominic, tu savais que ce jour devait arriver. Je pense qu’elle sait, désormais, pour l’Empereur, et peut-être le rencontrera-t-elle là-bas.
- Ce serait pour elle le plus beau des cadeaux, répondit Dominic, tentant de retenir ses larmes les plus douloureuses. Il est écrit qu’il est mort dans l’après-midi, seul …
- « Je crains de ne pas être assez heureux pour être frappé en plein fouet sur un champ de batailles ; je mourrai dans mon lit. » Ce sont ses mots. Je dois préparer un nouvel article sur ce Napoléon déchu, j’aurais espéré obtenir l’aide de ma sœur …

Dominic s’était levé de la chaise où il se tenait. Il fit quelques pas, les yeux fermés. Tous ses souvenirs les plus tendres lui revenaient en mémoire, il n’avait qu’une peur, qu’ils s’effacent à jamais de sa mémoire. Pour rien au monde il ne voulait que ceci arrive. Il s’arrêta devant la fenêtre qui donnait sur la rue et dit :

- Tu te souviens du jour où Violet a découvert l’Empire ?
- Il a été proclamé le 18 mai 1804, je devais écrire un article dessus. Violet est venue s’assoire sur mes genoux, elle a regardé mes notes d’un air intrigué et m’a demandé de lui lire ce qui était écrit. Elle a eu son grand déclic en voyant le tableau de David ; c’était en 1806. Je n’oublierais jamais la lueur qu’il y avait dans ses yeux lorsqu’elle vit la reproduction.
- Elle était merveilleuse.
- Pourquoi ne lui as-tu jamais avoué tes sentiments ? demanda William.

C’était vrai. Jamais Dominic n’avait avoué ses sentiments à Violet. Etait-ce la peur qui l’avait retenu ? Il était trop tard à présent. William comprit aussitôt, l’expression de son visage avait totalement changé en l’espace d’une seconde. Dominic se remit à marcher à travers la pièce.

Le soleil brillait dans le ciel ; les passants se promenaient, allaient et venaient à travers toute la capitale, « ils n’en savent rien » pensa-t-il. Il s’arrêta devant le lit, ses yeux ne pouvaient quitter ce corps qui s’étendait face à lui. Il savait que Violet était morte, mais pour lui, elle était toujours là, et il ferait en sorte que son nom reste et que chacun apprenne qui elle était.

- Violet avait un rêve. Elle voulait que chacun la connaisse, elle voulait que l’on comprenne ses idées. Elle voulait vivre. J’exaucerais ce rêve pour elle.
- Qu’est ce que tu dis ?
- Je ne lui ai jamais avoué mes sentiments, j’ai toujours jalousé cet amour qu’elle avait pour l’Empire. Mais je sais qu’il n’est pas trop tard. Pour moi, elle est encore parmi nous. Je l’entends, comme si elle voulait que je fasse une dernière chose pour elle. J’écrirais ses rêves.

Il était convaincu. Guidé par son amour, il allait faire connaître à tous, l’histoire de cette jeune Anglaise qui aimait l’Empire.

Il sortit de la chambre avec encore quelques larmes dans les yeux. Mais, cette fois, ces larmes ne montraient pas son déchirement, mais sa joie. Sa joie de réaliser le rêve, qu’un jour, au hasard d’une oreille, une jeune fille avait fait tout bas.


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