Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à vous souhaiter une bonne année.
Et maintenant que ça c'est dit, laissez moi donc vous parler de mes compétences managériales.
En octobre 2005, j'ai reçu un appel innocent de la mère d'une des petites (à l'époque, 10 ans) que je gardais en baby-sitting. La petite en question appartenait au mouvement scout et à cette rentrée-là, il manquait des encadrants. C'est tout naturellement qu'elle a dit que "ce serait trop bien si Flore était cheftaine".
Problème pour moi, je n'avais jamais mis mes pieds chez les Scouts. Je connaissais les différents mouvement de noms, les couleurs, mais c'était tout.
J'ai tout de même accepté et ce fut le début de 4 ans d'expérience chez eux ! Quelle expérience.
J'ai tout de même accepté et ce fut le début de 4 ans d'expérience chez eux ! Quelle expérience.
J'ai débuté comme simple animatrice. Nous étions une équipe de 5 animateurs, dont une directrice, pour 17 jeunes âgés de 8 à 12 ans. Notre équipe était encadrée (sur le papier) par une équipe administrative de parents. Mais juste sur le papier, parce que toute l'organisation et les responsabilités étaient pour nous.
Sur un an, à partir de septembre, il nous fallait organiser et animer un projet pédagogique adapté, gérer les sorties et week-end, préparer et animer le camp d'été (avec un autre projet pédagogique). Le tout en acceptant et gérant le caractère de chacun d'entre nous, petiots compris.
Cette première année s'est très bien déroulée, aucun accident à déclarer, et ces choses qui me paraissaient insurmontables étaient, finalement, simples et belles. J'ai rempilé.
J'ai rempilé un deuxième année et ai signé pour la première partie de ma formation BAFA. Je n'étais donc plus qu'une simple animatrice, vu qu'à partir de février (date de ma formation théorique) je suis devenue stagiaire. Après une semaine intensive de formation juridique, administrative, logistique, pédagogique, et pourquoi pas, météorologique, il me fallait mettre le tout en application lors de nos sorties d'une journée, week-end et camp d'été.
A la fin de mon camp, j'aurais du être évaluée par ma directrice de camp, avec validation ou non des jours de pratique. Oui mais.
Nous devions partir en Picardie avec un groupe de 35 enfants et une équipe de 7 animateurs, dont une directrice, deux compagnons (les 17-18 ans) et moi, stagiaire.
Trois jours avant le départ, la directrice tombe malade. Impossible pour elle de continuer. Remplacée au pied levée par une autre, que nous ne connaissions pas. Bref. Matin du départ, on s'en va. La majorité des chefs en car avec les enfants, une autre animatrice et moi en voiture.
Sur place tout se passe bien jusqu'aux premières tensions entre les jeunes. L'un d'entre eux est particulièrement virulent, un autre très peureux, bref, des caractères tous aussi différents les uns des autres, et il faut savoir jongler entre tout. Les tensions s’apaisent et le drame arrive. Drame en partie des animateurs.
Cet été là, il faisait extrêmement chaud, et le défaut de notre lieu de camp était qu'il n'y avait presque pas de lieu d'ombre, excepté le petit bois qui longeait notre campement (imaginez, nous étions dans le graaaand parc d'un petit château privé, notre campement était bordé de petits murs de pierres, le petit bois était le reste du parc, re-délimité ensuite par un vrai mur de pierres). Ce jour-là, le traditionnel concours cuisine, et aussi, deuxième jour de l'angine de notre directrice remplaçante. Entre temps, nous avions fait appel à encore une autre remplaçante. Bref. Fin du concours cuisine vers 15h par 35° sans ombre. Nous laissons un temps libre de repos aux jeunes (donc, un temps où ils sont dans les tentes), et les chefs nous en décidons de même. Notre erreur fut de croire, qu'il y en avait toujours sur place, alors que nous étions tous par deux ou trois de l'autre côté du mur, à l'ombre dans le petit bois.
Passons. Au bout de cinq petites minutes, on les entend qui parlent un peu fort, qui chahutent (normal pour des petits de cet âge-là) et puis, ça s'intensifie un peu... C'est là qu'on réalise que peut-être qu'il n'y a personne....
L'histoire était que les enfants avaient repéré sur le lieu de camp une personne inconnue, apparemment, cette personne les espionnait et les suivait. Certains des animateurs/stagiaires sont allés faire le tour de la propriété, rien. D'autres, dont moi, sont allés prévenir la gendarmerie. Les versions des enfants étaient trop similaires pour qu'elles soient pure invention.
Les gendarmes se sont déplacés et se sont limités à un simple "pas de panique", ils sont partis 10 minutes plus tard, et à partir de là, on a passé soirée + nuit à réconforter tous les enfants. Un des animateurs a aperçu le fameux le lendemain, mais il est parti trop vite, impossible de l'approcher pour lui demander de partir. Ce jour-là, 13 juillet, on a passé la journée en pensant à autre chose, le soir même on a profité du feu d'artifice et le lendemain, nous sommes partis. Deux ou trois jours la fin officielle du camp.
Comme le drame s'est passé au moment d'un week-end férié, impossible d'avoir la compagnie de car, nous avons contacté l'équipe de parents, et ils se sont occupés de faire une chaîne téléphonique. Heureusement que nous n'étions qu'à 200 km de Paris.
Au moment de partir, nous sommes allés voir la propriétaire. Elle connaissait l'inconnu en question, apparemment, dans le village tout le monde le connaît. Il aurait même quelques problèmes aussi bien du côté mental que légal. Le genre d'informations que l'on aurait aimé avoir avant d'arriver avec 35 enfants !
Les enfants nous ont longtemps reparlé de l'incident, et personnellement, j'ai mis du temps à m'en remettre aussi. Mais l'important c'est que malgré notre erreur, l'équipe de chef nous avons pu mettre notre peur de côté pour discuter et prendre la décision de partir. Nous avions un vote chacun, et nous devions justifier notre décision. Nous ne nous sommes pas jugés, la majorité l'a emporté. Les parents nous ont réconforté et ont félicité notre action. Personne ne fut blessé, disparu ou autre. Et grâce à cette mésaventure, mon stage pratique a été validé.
Et ce camp avorté m'a fait rempiler pour une troisième année. Il me fallait finir ma formation. D'animatrice stagiaire, je suis passé à Directrice - Chef d'Unité. C'était la première fois que j'avais une si grosse responsabilité. Je suis repartie à Jambville pour une semaine de théorie, de paperasse, de préparation d'activités ludiques et après une discussion posé avec un de mes référents de stage, j'ai obtenu le précieux sésame. Et toutes les responsabilités qui allaient avec : constitution de l'équipe et vérification des qualifications pour l'infirmier (ou infirmière), des documents de logistique, des dossiers des stagiaires (j'en avais trois à évaluer !), répartition des tâches pour la préparation du camp, vérification du dossier, signature et déclarations administratives, visite du lieux et checking. Bref, une semaine de camp est loin d'une semaine de rigolade.
C'était également à moi de régler les différents entre enfants, entre animateurs. Et cet été là, j'en ai eu plusieurs à régler. L'un d'entre eux m'a marqué.
C'était également à moi de régler les différents entre enfants, entre animateurs. Et cet été là, j'en ai eu plusieurs à régler. L'un d'entre eux m'a marqué.
Ce camp d'été devait être mon dernier. J'allais être diplômée quelques mois plus tard de mon école, et l'inconnu post-diplôme m'empêchait de m'engager réellement.
La dispute ce jour-là était survenue en milieu de séjour, cette période difficile où le jeune s'est habitué à l'absence de ses parents et la vie sous la tente, ressent la fatigue des activités, et commence à avoir le cafard.... Il était opposé à d'autres de sa sizaine. Malheureusement, je ne me souviens plus exactement la raison. Je me souviens surtout du fait que des noms d'oiseaux ont jailli de partout et que la solution était de séparer tout le monde.
Mon jeune était en avant dernière année de louveteaux, et je sais qu'au fil des années, je l'avais vu grandir. On a discuté un moment, je lui ai demandé de m'expliquer la situation. Et je me souviens qu'il m'a dit que "nous les adultes, on sait toujours comment faire, on ne se trompe jamais, on a toujours une solution; alors que, quand on est enfant, on ne sait pas comment faire".
Cette phrase m'a vraiment touchée et m'a presque faite pleurer. J'ai du moins souris, et lui ai répondu que les adultes faisaient aussi des erreurs, et que heureusement qu'on pouvait en faire.
Cela m'a fait repenser à l'été d'avant et aux erreurs qui avaient été causées dans mon autre expérience managériale.
J'ai évalué mes stagiaires, et fait chacune de mes réunions de directrice. J'ai motivé les troupes quand il le fallait, j'ai sanctionné ceux qui devaient être sanctionnés.
Ma quatrième année ne fut pas complète. Le chômage m'a touché une première fois, et vers le mois de mai, j'ai rempli un dossier d'inscription pour la fac. Entre temps, j'avais donné un petit coup de main à mon ancienne équipe. Elle cherchait une Directrice de camp, j'ai accepté.
Aucun incident ne fut à déclarer, chacun connaissait son rôle, j'étais plus Directrice sur le papier qu'autre chose, car chacun intervenait quand il le fallait, chacun faisait le rôle du policier quand il le fallait. Les évaluations cette dernière année furent très simples.
J'ai quitté le mouvement après ce quatrième camp. Je recroise certains de mes jeunes de temps en temps dans la rue.
Les gens rient à l'idée d'appartenir aux Scouts et Guides de France. Il n'y a aucune raison. Ceux qui en rient sont ceux qui ignorent tout ce que cela implique, de l'équipe à gérer aux règles de sécurité à respecter que l'on soit en sortie ou en camp. Gérer une équipe de 5 animateurs n'est pas pareil qu'une équipe de 7, tout comme on ne s'occupe pas de 17 enfants que de 35.
Les gens rient à l'idée d'appartenir aux Scouts et Guides de France. Il n'y a aucune raison. Ceux qui en rient sont ceux qui ignorent tout ce que cela implique, de l'équipe à gérer aux règles de sécurité à respecter que l'on soit en sortie ou en camp. Gérer une équipe de 5 animateurs n'est pas pareil qu'une équipe de 7, tout comme on ne s'occupe pas de 17 enfants que de 35.
Je pourrais vous parler de mon autre expérience, mais je la réserve pour un prochain billet.
Demain, je vous parlerais des langues étrangères.
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