jeudi 11 avril 2013

2013, 27 ans, 0 contrat

J'ai déserté. 
Oui, je sais, c'est mal. 

Mais, depuis le 24 février (tout de même), j'ai pas mal été occupée avec TRACK1Music France. J'avais un premier concert le 4 avril et un prochain mi-mai. Pour le premier, beaucoup de promo de dernière minute, et beaucoup de belles opportunités qui ont fait que j'ai moins écrit.
Dommage me direz vous parce que j'avais quelques idées pour vous, notamment une sur l'idée folle de vouloir travailler dans la musique.
Je voulais aussi vous parler de management et d'adaptabilité, mais ma plume hésite...


Il y a quelques temps, j'ai eu l'occasion d'aller boire quelques bières avec des amis. En arrivant là-bas, j'ai réalisé à quel point ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé de les retrouver, ces jeunes qui parlent peinture, art, musique et subventions. Et à quel point cela pouvait me manquer de retrouver des amis juste parce que j'en avais envie.
Au cours de la soirée, j'ai longuement discuté avec l'un d'entre eux, musicien, anciennement chômeur longue durée. Je l'ai félicité avec un pincement au coeur. Je sais qu'il a longtemps galéré et savoir qu'il a pu trouver quelque chose dans son secteur me fait plaisir pour lui. Je me dit que je serais la prochaine. 
On a donc eu l'occasion de parler de cette idée folle de vouloir travailler dans la musique en 2013. Avant, tout le monde, aussi bien les labels, que les groupes, que le public, faisait ça par plaisir, par envie de partager un son avec d'autres personnes. Aujourd'hui, on vous vend un disque d'un chanteur lambda sans voix, qui plus est éphémère. Et on vous le vend comme un litre de lait. Et s'il ne vend pas assez de briques, on le jette, et on en prend un autre. Super.

Jusqu'à présent, j'ai toujours été chez des indépendants en galère de budget. Certes, certaines actions étaient limitées, mais pour rien au monde je ne changerais ces expériences. 
Les labels chez qui j'ai pu travailler étaient soutenues à fond par leurs publics, et c'était merveilleux. Ils produisaient les artistes qu'ils aimaient, et les artistes composaient les sons qu'ils aimaient. 

Hier, je suis descendue à Aix les Bains pour un entretien. J'ai vécu un certain retour en arrière, je me revoyais arrivant à mon entretien de stage de fin d'étude, un peu timide, un peu apeurée, me demandant où j'étais tombée. Une équipe qui au bout de 5minutes m'a fait oublié mes craintes et m'a regardée fixement en me disant "il faut que tu gères tel dossier, vas-y !". Une équipe passionnée qui se bat pour qu'on entende ses idées, qu'on comprenne ses idées, qu'on l'accompagne. Une équipe engagée qui veut revenir à la source : produire ce qu'on aime et laisser le groupe libre de produire le son qu'il veut !
Cet entretien, je l'ai très bien senti. Le problème, me direz vous, c'est que ce n'est pas moi qui décide. L'équipe que j'ai rencontré m'a convaincue, j'adorerais travailler avec eux, mais moi, les ai-je convaincu ?

Je l'espère.

Je l'espère parce que je m'étais posée un objectif, que personne ne sait. 
Je cherche dans le secteur musical jusqu'à mes 27 ans. Si passé mon anniversaire, je n'ai toujours pas de contrat ou de promesse d'embauche, je laisse tomber et pense à une reconversion. 
Demain, ça fera une semaine que j'ai 27 ans. La réponse de cet entretien doit tomber d'ici une petite semaine. Et croyez moi, j'ai un peu peur.
Peur de voir ma reconversion comme un échec, comme une arnaque. 

Je passe mon temps à aider et soutenir les autres et leurs projets. En retour, rien. 
J'en ai écouté des problèmes, secoué des amis qui doutaient et voulaient laisser tomber. En retour, rien. Même pas un merci. 

Ces derniers jours, deux groupes m'ont contacté parce qu'ils veulent travailler avec moi, parce qu'un autre artiste ou un collaborateur m'a recommandée. 
Ces derniers jours, je me suis mise à rêver en lisant certaines offres d'emploi, et pleurer en voyant les conditions à remplir. Car oui, depuis quelques temps, ma recherche d'emploi me fait pleurer. Parce que je ne sais pas quand un recruteur sera convaincu, ou quand un recruteur acceptera de me donner une chance pour que je puisse lui montrer de quoi je suis capable. 

Je m'excuse pour ce billet larmoyant qui ne ressemble en rien au brouillon auquel j'avais pensé, et qui ne parle même pas de management ou d'adaptabilité... Demain, promis !

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