Ok, je l'avoue, je m'attends à passer des jours pas terribles terribles. J'angoisse un peu à cette idée, alors je vais avoir besoin de me changer les idées, et ce dès demain. Ou du moins, dès lundi.
J'ai eu des nouvelles hier. C'était pas si mal. Voire plutôt pas mal du tout. Mais il est encore un peu tôt pour crier VICTOIRE et lancer mon programme réussite (que je vous ai décrit ici). Normalement, tout se confirme vraiment pour de vrai courant de semaine prochaine. Normalement.
En attendant, je patiente, je m'occupe. Je tricote, je cours, je m'occupe de Victoire. Victoire, le cœur de ce post.
Cette demoiselle nous a rejoint le 15 mars, 3 jours après le départ de Pluto. Bien qu'ils se ressemblent physiquement, ils sont totalement opposés.
Il s'est adapté dès la première minute, elle a mis presque 3 mois à accepter que ce qu'on lui offre, c'est sa nouvelle vie.
Il s'est adapté dès la première minute, elle a mis presque 3 mois à accepter que ce qu'on lui offre, c'est sa nouvelle vie.
Il venait de Ceutà, attaché, nourri de pain dur et d'eau croupie, 6 mois de refuge, 1 semaine de SPA.
Elle vient de Tunis, chienne des rues, affamée et déshydratée, de nombreux mois de refuge, un mois de famille d'accueil, 3 jours de SPA.
Il était fusionnel avec l'Amoureux, j'étais maman câlin et maman bobo.
Elle est fusionnelle avec moi, me surprotège, elle continue de se méfier de l'Amoureux.
Elle est fusionnelle avec moi, me surprotège, elle continue de se méfier de l'Amoureux.
Depuis presque un an, nous avons parcouru un chemin énorme. Les progrès ont commencé a être forts à partir du 8 juin, date officielle de son adoption.
Elle est arrivée le 15 mars, elle devait passer sa visite sanitaire qui confirme l'adoption quelques jours plus tard. En attendant, elle était chez nous en placement provisoire, donc encore propriété de la SPA. Et puis, confinement, refuges fermés au public.
Nous avons commencé cette nouvelle vie, et cela a été très compliqué. Il nous était impossible d'avoir des cours, on a commencé tant bien que de mal, à l'apaiser, à l'écouter, à la guider. On s'est souvent demandé si on allait y arriver.
Courant mai, elle s'est mise à se gratter non stop. Elle perdait énormément de poils, tout naturellement, je me suis mise à flipper. Ne pouvant me rendre chez le véto comme ça, j'ai choisi d'appeler la SPA.
Le confinement avait légèrement mis la pagaille dans leur organisation, et ils ont réalisé que demoiselle n'avait pas encore passé sa visite, et qu'elle n'était donc pas réellement à nous.
Du fait de nos doutes quant à son adaptation, nous avions choisi de ne parler à personne, hormis nos familles, de Victoire. Nous avons donc révélé son existence à compter de cette date, le 8 juin.
Personnellement, dès son arrivée, dès ses premiers coups de truffe dans ma main, dès son premier câlin, je n'espérait qu'une chose, qu'elle s'apaise et qu'elle accepte l'Amoureux, car pour moi, il serait impossible de la laisser repartir. Je nous ai obligé à ne pas baisser les bras. Et j'ai bien fait.
Pluto était mon tout. Elle est mon tout, et même encore plus. Elle m'aide à avancer, à réaliser que si j'ai pu l'aider à aller mieux, alors je peux aller mieux.
J'ai appelé ce post Education positive car c'est ce que nous avons toujours fait avec Pluto (même s'il n'a eu besoin de 0 éducation, je vous jure, ce chien était la perfection incarnée, même s'il nous faisait bêtises sur bêtises) et ce que je fais avec elle.
Mais ce matin, ce fût un échec.
Victoire vient de la rue. Elle a donc toujours été habituée à manger ce qui traîne par terre. Le problème est qu'il arrive que certains appâts soient piégés. Nous travaillons donc le refus de l'appât.
Pour faire simple, il s'agit de détourner l'attention du chien de cette bonne grosse merde dégueu. On commence avec des friandises pour l'habituer, et petit à petit, on n'a plus besoin de la friandise. L'important est de féliciter le chien à chaque fois qu'il va délaisser l'appât.
Depuis plusieurs semaines, elle réussi très bien l'exercice. Pour certaines saloperies, j'ai besoin de faire l'échange, elle crache la merde, et se voit félicitée par une friandise, pour d'autres, elle regarde, tente de renifler et passe son chemin.
Ce matin, elle va à l'eau pour chasser des canards, en profite pour boire, et attrape un os. Un petit os, pointu, qui trainait dans l'eau. Elle revient à moi, je lui demande de lâcher. Elle refuse. J'ai pu retirer une partie. Elle me grogne dessus et se détourne.
Je sors une friandise, lui propose l'échange, elle me regrogne dessus.
Elle a hésité plusieurs fois, des morceaux d'os sont tombés, mais elle a en mangé quand même une grosse moitié. J'étais furieuse. Bien entendu, elle n'a pas eu les friandises.
Je lui ai rappelé qu'il était interdit de me grogner dessus. En reprenant notre route, j'ai jeté la longe au sol car à cause de tout ça elle était emmêlée. Victoire a eu peur.
Je m'en veux. Je m'en veux car je déteste quand elle fait ça. Je m'en veux car c'est une rechute. Je m'en veux car je sais que dans ce cas, je dois absolument garder mon calme et que je n'ai pas réussi. Je m'en veux car elle a eu peur.
Je n'ai jamais frappé Pluto, je ne frapperai jamais Victoire. Pour lui faire comprendre que j'étais mécontente, je l'ai ignoré pendant quelques minutes. Mais là aussi, je m'en veux car je sais qu'elle déteste ça. Depuis, elle a essayé 50 fois de se faire pardonner alors que je suis passée à autre chose et qu'elle a déjà eu des centaines de gratouilles, des milliards de caresses, des bisous qu'on ne compte plus, et surtout, cette petite phrase que je lui dis sans cesse "ce n'est pas parce que tu fais des bêtises que je ne vais plus t'aimer".
Parce que ça oui, je l'aime. Elle ne réalise pas à quel point !


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